Moderniser l’astrologie, par Laurent Gizzi

Thème astral coloré

L’astrologie dans toutes ses couleurs et ses nuances pour tous

L’astrologie est une connaissance qui étudie l’être humain et ses interactions avec son environnement et la société. En soi, elle devrait donc être en accord avec son temps et suivre de près les évolutions des mœurs et la progression des autres connaissances du comportement. D’un autre côté, l’astrologie est aussi une connaissance millénaire riche et parfois lourde d’une tradition issue du passé. En ces temps, la société était autre, les mœurs étaient autres comme le souligne d’ailleurs une célèbre locution latine. Hélas, l’héritage de cette tradition a figé une partie de l’astrologie dans une société d’autrefois qui ne correspond plus à une réalité vécue de nos jours.

   Aujourd’hui, les femmes, les hommes n’ont plus de rôles prédéfinis par la société et on ne peut que s’en réjouir.  Certes, des clichés, des stéréotypes de genre restent prégnants et influencent grandement la société et la vie de nos contemporains. Cependant, il est surtout vrai qu’il n’y a plus un seul modèle d’homme, un seul modèle de femme, un seul modèle de famille.

Pourtant l’astrologie telle qu’elle est enseignée et pratiquée s’obstine encore à coller à des stéréotypes qui devraient être dépassés par n’importe quelle connaissance qui s’occupe de l’être humain. Nous apprenons encore que tel astre serait plus important pour les femmes ou un autre pour les hommes. La famille et le couple ne sont envisagés que dans leur forme traditionnelle. Pire, lorsqu’il s’agit d’aborder des styles de vie différents, il est dommage et potentiellement dangereux de constater qu’ils sont souvent vus de façon péjorative et reliés à des configurations astrologiques dissonantes. Comme si la différence face à un modèle donné était en soit une dissonance.

Il faut l’admettre, une partie de l’astrologie reste ancrée dans un traditionalisme qui véhicule sexisme, homophobie ou au moins hétérocentrisme. C’est pourquoi il est nécessaire pour que l’astrologie puisse apporter  toute sa richesse à l’humanité de revoir ces stéréotypes, de les dépasser et de proposer de nouveaux modèles inclusifs qui sont applicables dans toutes les situations, sans jugement de valeur.

 

Masculin ou Féminin ?

Yin Yang Symbol

L’astrologie a assigné à chacun des astres un genre, ainsi le Soleil et Mars sont masculins tandis que la Lune et Vénus sont féminines. Jupiter et Saturne sont masculins, seul Mercure serait Neutre ou convertible. Gageons que Mercure a beaucoup de chance puisque c’est le seul dont le genre est correct ! Tous les astres sont neutres et convertibles, aucun n’a de genre, ni de sexe, puisque tous peuvent être exprimés par les Hommes comme par les Femmes.

Cette assignation n’est cependant pas  tout à fait abusive si on la compare aux signes, chacun a aussi reçu un genre. La moitié des signes sont masculins et l’autre moitié féminine, cette assignation correspond à la polarité Yin/Yang sur laquelle il n’y a rien à redire. Il est donc normal que chaque maître soit de la même polarité que son signe (ce qui fait de Saturne, une planète Yin, donc « féminine » comme le Capricorne contrairement à ce qui dit la Tradition).

Le premier souci vient justement de cette assignation entre yin/féminité, et yang/masculinité. Une femme peut être très féminine sans être Yin et inversement pour un homme. Il serait donc déjà intéressant de laisser tomber cette formulation de masculin/féminin pour la remplacer par Yin/Yang, plus universelle.

Le second et énorme souci vient de l’assignation particulière de quatre astres dont la polarité très marquée et l’assignation à l’identité et la sexualité a mené à une assignation au genre en général. Il s’agit bien sûr du Soleil, de la Lune, de Mars et de Vénus. L’astrologie traditionnelle affirme que le Soleil représente non seulement l’Homme mais aussi le père, le mari et l’homme idéal dans le thème d’une femme. La Lune serait non seulement la Femme mais aussi la mère, l’épouse, la femme idéale dans le thème d’un homme. Mars quant à lui représenterait la virilité et l’amant dans le thème d’une femme. Vénus, bien sûr, serait la féminité et la maîtresse dans le thème d’un homme.

Remarquons d’emblée que cette assignation sexiste exclue toute personne homosexuelle, bisexuelle ou transgenre, ce qui en soit est suffisent pour la remettre sérieusement en question. En effet, comment étudier le thème d’une personne LGBT à la lumière de telles assignations ?

Mais ce n’est pas tout, cette assignation est remarquablement sexiste. Si une femme doit chercher dans son Soleil l’homme idéal, cela veut dire qu’elle a besoin d’un homme pour exprimer complètement son Soleil. Or une femme ne devrait avoir besoin de personne pour exprimer sa volonté, son autorité, son rayonnement…ou tout simplement sa personnalité ! Inversement, un homme ne serait-il capable d’exprimer son émotivité, ses rêves, ses intuitions que par procuration vis-à-vis de sa compagne ? La vérité est toute autre, nous avons tous la capacité d’exprimer l’un et l’autre quel que soit notre genre. Cette assignation vient évidemment d’une vision périmée de la société et de l’identité, il est donc urgent de revenir dessus.

En ce qui concerne Mars et Vénus, l’assignation est plus d’ordre sexuel. De même, elle est incroyablement limitative, cela veut dire qu’un homme ne peut exprimer sa sexualité que vis-à-vis de son Mars et la femme vis-à-vis de sa Vénus. C’est incroyablement triste ! Lors de la relation sexuelle mais aussi de la séduction, du relationnel en général, l’homme exprime aussi sa Vénus, il peut être séduisant, sensuel, attractif, caressant…tandis qu’une femme exprime aussi la fougue, la conquête, l’énergie de Mars.

Il est vrai cependant que l’étude de ces astres est d’une importance considérable dans le relationnel. Mais il faut aller au-delà des assignations genrées, il est donc nécessaire de regarder ces quatre astres quel que soit le sexe ou l’orientation sexuelle du natif. Au Mars de l’un répond la Vénus de l’autre et inversement. Il n’est donc plus question de chercher l’homme idéal par le Soleil et le Mars d’une femme, mais par tout le thème astral. Il s’agirait même de ne pas chercher l’homme idéal mais juste de décrire comment cette femme vit son relationnel !

En ce qui concerne la virilité et la féminité, il serait déjà intéressant de définir ces caractéristiques. Qui est viril ? Qui est féminine ? Une première piste est d’observer que ces qualités rendent en général la personne attractive sexuellement. Ainsi virilité et féminité sont une façon de définir le potentiel sexuel du sujet. En cela il est bien évident que Mars et Vénus sont bien impliqués, mais pas seulement l’un ou l’autre selon que l’on soit homme ou femme. Ce qui rend sexuel, attractif, c’est à la fois Mars et Vénus. Il est intéressant de constater que les hommes qualifiés de très virils ont le même genre de configurations que les femmes dites très féminines, à savoir les rapports entre Mars et Vénus (notamment la conjonction dans l’un de leur 4 signes : Bélier, Taureau, Balance, Scorpion).

Ce qui est d’autant plus dommageable, c’est qu’en conservant et diffusant ces stéréotypes, l’astrologie contribue à nous limiter dans l’expression de nous-même. Un homme a suffisamment de difficulté à devoir aller à l’encontre des impératifs sociaux qui veulent le mouler dans le cliché machiste, l’astrologie doit au contraire lui permettre d’exprimer la globalité de son thème. Ce genre de coercition sociétale est d’autant plus dommageable pour un homme qui parmi ses dominantes possède la Lune ou Vénus (et aussi Neptune ou Eris qui ont une forte connotation féminine aussi), et inversement pour une femme. Comment un astrologue peut assurer son rôle s’il continue de croire et d’enseigner que la Lune et Vénus sont plus importantes pour une femme ?

Vénus et la Lune peuvent se conjuguer au masculin, Mars et le Soleil au féminin. Ne soyons plus limitatifs et changeons notre regard sur le genre et la sexualité. Ainsi le Soleil et la Lune ne sont pas l’Homme et la Femme mais les deux facettes de notre personnalité, à savoir celle qui s’exprime dans le monde pour le Soleil et celle qui réagit au monde pour la Lune. Mars et Vénus ne sont pas la virilité et la féminité mais les deux facettes de notre sexualité, celle qui conquiert pour Mars, celle qui attire pour Vénus.

 

Les images parentales

Habituellement, l’astrologie affirme que l’on peut déterminer le rapport aux parents via le thème astral. Dans un premier temps il serait déjà intéressant de savoir en quoi consiste ce rapport. Il est déjà fréquent de lire que tel aspect montre une mère froide ou tel autre un père faible…c’est déjà une erreur en soi. Tout simplement car le thème est celui d’un individu, en aucun cas celui des parents. Ce serait déjà plus juste de dire que le sujet percevra le parent de telle ou telle façon. D’ailleurs dans une fratrie, on ne retrouvera pas forcément les mêmes configurations pour les images parentales ! Ce que le thème astral détermine ce n’est pas le parent en lui-même, c’est le vécu par rapport à ce rôle parental. Ce qui inclut comment en tant qu’enfant le sujet va percevoir les parents mais aussi comment il s’exprimera quand il sera dans ce rôle.

C’est déjà un début, maintenant ce qui est encore plus dommageable, c’est que l’astrologie ainsi affirme différencier le père de la mère. Cette dernière notamment s’est toujours vue attribuer la Lune comme représentatrice. Cet astre a de tout temps été lié au féminin et nous avons déjà vu en quoi il était déjà abusif de parler de genre. Mais revenons à la fonction maternelle de la Lune. On ne peut qu’être d’accord avec le fait d’associer maternage et fonction lunaire. Notre satellite représente toutes les fonctions d’émotions, de protection, de nutrition, de tendresse…ce qui est une bonne définition de l’action de materner. Or, si la grossesse est effectivement un phénomène lunaire, la femme n’est pas « condamnée » à avoir un rôle maternant auprès de son enfant, tout comme l’homme n’est pas condamné à en être exclu. Un homme peut très bien aussi protéger, nourrir, être tendre…bref être lunaire avec son enfant. Tandis qu’une femme peut ne pas avoir d’affinité avec ce type de parentalité. Or l’astrologie affirme le contraire en attribuant à la Lune l’image de la mère. Certains contournent le problème en posant pour principe que c’est justement une configuration lunaire (par exemple, en Capricorne, ou en conjonction avec Saturne, Mars…) qui induirait que la mère ne soit pas maternelle. Mais nous avons vu que le thème est celui du sujet pas de ses parents. Il faut donc trouver une autre définition. La Lune ne représente pas la mère du natif (pas plus que sa femme d’ailleurs), mais la fonction parentale nourricière, celle-ci pouvant être assurée par le père, à tour de rôle par les parents, et en fait par n’importe quelle personne dans la vie du sujet. Un frère, une sœur, un ami, un grand-parent…n’importe qui peut à un moment jouer un rôle lunaire.

Si nous avons définit la fonction parentale nourricière, qu’en est-il des autres rôles parentaux ?

Si l’on attribuait à la mère la fonction  lunaire, le père se voyait souvent attribuer la fonction éducative d’autorité. De même, c’est un stéréotype sexiste abusif qu’il convient de dépasser et même de combattre. Tous les hommes n’ont pas vocation à être autoritaires et assurer ce rôle tandis que certaines mères sont tout à fait adaptées à cette fonction. De même cette fonction ne se limite pas au cadre parental et nous rencontrons tout au long de notre vie des individus l’incarnant.

L’Analyse transactionnelle propose une théorie séduisante sur les images parentales appelées « Etats du moi ». En résumé, en chacun d’entre nous il y a trois états :

–          Le Parent : qui correspond aux comportements, émotions, pensées issus de nos modèles parentaux. Il se divise en :

  • Parent Normatif : correspond à l’éducation, l’autorité…
  • Parent Nourricier : correspond à la permission, l’affection…

–          L’Adulte : qui correspond aux comportements, émotions, pensées issus de la réalité objective. L’Adulte n’est pas subdivisé.

–          L’Enfant : qui correspond aux comportements, émotions, pensées issus du passé. Il se divise en :

  • Enfant libre : correspondant à l’expression des besoins, des instincts et émotions d’où découle la créativité.
  • Enfant Adapté : correspondant à notre attitude face aux injonctions extérieures, lui-même divisé en :
    • Enfant Adapté Soumis : qui adapte son comportement aux règles, obéit.
    • Enfant Adapté Rebelle : qui s’y oppose.

etats-du-moi

On peut facilement remarquer que le Parent Normatif répond à l’Enfant Adapté, tandis que le Parent Nourricier répond à l’Enfant Libre. Il est donc évident qu’il s’agisse des mêmes fonctions planétaires selon que nous nous situons en tant que Parent ou en tant qu’Enfant.

Le Parent nourricier est nous l’avons vu, directement lié à la fonction lunaire, celle-ci est donc aussi représentante de l’Enfant libre. Effectivement, l’imagination, le monde intérieur, l’expression de l’émotion, la créativité, le rêve…sont bien des fonctions lunaires que nous retrouvons dans l’Enfant Libre.

Le Parent Normatif nous fait penser à Saturne et il est vrai que cette planète a longtemps été utilisée comme représentant du père en tant que figure d’autorité. Cependant, l’Enfant Adapté qui y répond n’est pas Saturnien, déjà car Saturne ne se situe pas dans l’enfance, c’est une fonction qui nous fait grandir et nous en éloigne. Saturne ne répond pas à l’Enfant Adapté Soumis, car Saturne est justement d’autorité et non de soumission, il est déjà et normalement adapté, il n’a pas à se soumettre. Le Capricorne qui représente sa phase de développement n’est pas dans la soumission mais au contraire dans la recherche d’une forme de pouvoir. Il correspond encore moins à l’Enfant Adapté Rebelle qui lui est clairement antinomique. La fonction d’Adaptation, d’éducation est assurée en fait par Cérès. Il est intéressant que notre planète naine soit justement assimilée à une fonction maternelle par de nombreux auteurs, elle est effectivement une représentante d’image parentale, mais pas uniquement maternelle, c’est la figure d’autorité et d’éducation. Pour l’Enfant Adapté, c’est encore plus évident, L’Enfant Adapté Soumis est une parfaite illustration du signe de la Vierge. Quant à l’Enfant Adapté Rebelle, c’est bien évidemment la partie Vierge Folle.

Quant à l’Adulte, il représente tout simplement notre façon d’être, d’exister au monde .Il correspond donc au Soleil ou encore à l’Ascendant.

Ce qui est intéressant c’est que nous constatons que les Etats du Moi selon l’Analyse Transactionnelle correspondent aux planètes « bornes » des rapides.

bornes.astrologiques

Cette assignation pourrait être intéressante dans la pratique astrologique, la perception des images parentales deviennent ainsi universelles, inclusives et non discriminantes. Il n’y a aucune notion de genre, ce qui permet à chacun de s’y retrouver et de l’appliquer dans sa vie et pour les astrologues, dans leur pratique.

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Hétérocentrisme et homophobie

Gay couple holding hands istock

Il est vrai que l’acceptation de l’homosexualité est un phénomène relativement récent dans notre société. Malgré des progrès considérables, les couples homosexuels ont désormais des droits quasiment identiques aux couples hétérosexuels et l’homophobie est désormais punie. On peut constater une réelle intégration de l’homosexualité, une éducation contre l’homophobie, l’apparition de nombreux personnages gays, bi, lesbiens dans les œuvres de fictions et surtout le coming out de personnalités influentes, ainsi que de nombreux autres qui se déclarent gay-friendly. Hélas, la discrimination et l’homophobie sont encore très présentes, nous en avons eu l’illustration avec les manifestations contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

En tant que connaissance du comportement, l’astrologie se devrait être à la pointe du progressisme et participer à la normalisation des LGBT. Hélas, il n’en est rien. Nous avons déjà vu que les stéréotypes de genre collés aux astres excluent les représentations sortant du couple hétérosexuel classique. L’astrologie n’est peut-être pas homophobe, elle est au moins hétérocentriste. L’héterocentrisme est  une conception selon laquelle l’hétérosexualité est une évidence, voire même serait la seule admissible ou la meilleure. En continuant à affirmer des assignations telles que le Soleil est l’homme idéal dans le thème d’une femme ou Vénus le type de femmes qui attire l’homme, l’astrologie est complètement dans ce concept, elle présuppose que le natif est exclusivement hétérosexuel ! Nous avons vu comment faire en sorte d’améliorer ceci.

Mais l’astrologie commence à devenir sérieusement homophobe quand elle prétend déterminer l’homosexualité dans le thème astral. En soi, cela veut dire que certaines configurations favorisent l’homosexualité. Même avec un discours bienveillant et en incriminant des configurations harmoniques c’est déjà trop ! Tout simplement car cela induit que certains traits de personnalité sont prégnants chez les homos. Ceci est évidemment faux, la richesse de personnalité des homos est aussi large que celle des hétéros.

L’autre présupposé de ce genre d’affirmation est que l’hétérosexualité est l’orientation normale, souhaitable même. Nous revenons donc à l’hétérocentrisme. Cela montre donc une grande ignorance en matière d’homosexualité et de sexualité en général. Il faut noter que la dichotomie Hétéro/homo n’est pas aussi nette, encore une fois on exclut toute référence à la bisexualité qui serait une orientation bien plus importante que l’on croit. Il y a toute une gradation entre l’hétérosexualité pure et l’homosexualité pure, comme le montre l’échelle de Kinsey. L’astrologie occulte souvent ce fait.

Hélas, dans la plupart des discours, ce ne sont pas des configurations harmoniques qui sont en causes, mais des configurations dissonantes. Le préjugé homophobe est alors clairement démontré. En associant homosexualité à dissonance, on affirme que cette orientation est un dysfonctionnement ou au mieux une adaptation à une souffrance ou un dysfonctionnement intérieur ! Ce n’est bien évidement pas le cas, l’homosexualité est une orientation normale bien qui minoritaire qui n’est en aucun cas un frein à l’épanouissement du natif (hors contexte homophobe, mais c’est le contexte qui doit évoluer dans ce cas !).

Revenons à ceux qui affirment décrire les facteurs astrologiques favorisant l’homosexualité. Nous avons vu que en soit cette affirmation est douteuse. Mais lorsqu’on regarde les prescriptions habituelles, on nage en plein stéréotypes voire même dans les clichés les plus sordides. Parmi les accusés, Uranus et la Lune Noire sont souvent cités quand ils sont en relation avec les planètes d’identité ou de sexualité (Soleil, Lune, Vénus, Mars) Neptune vient souvent avec Pluton ensuite.

Notons qu’Uranus est souvent la planète associée à l’homosexualité sans doute à cause d’un vieux qualificatif pour désigner les gays : Uraniste. Ce mot n’est pas forcément dégradant. A l’origine il désigne l’Aphrodite Ourania, née de la castration d’Ouranos et donc née sans mère, elle est protectrice des unions homosexuelle, tandis que l’Aphrodite Dionée, née de la déesse du même nom et de Zeus, protège les unions hétéros comme celle qui l’a vu naître (notons que la déesse de l’amour n’a donc aucune trace d’homophobie en elle !). Cependant, cette assignation devient clichés en astrologie puisque dans le même coup, l’on affirme que l’homosexualité est transgressive, voire déviante face à la norme. C’est effectivement le rôle d’Uranus d’aller au-delà des limites, mais ce n’est pas la fonction de l’homosexualité. Ce qui a rendu cette orientation transgressive c’est le lourd contexte sociétal qui l’a frappée. Effectivement, affirmer son homosexualité est une transgression dans une société homophobe (et même dans notre société où elle est encore marginalisée), l’action de coming-out qui est d’affirmer son orientation sexuelle auprès des autres est effectivement uranienne. Mais les personnes homo ou bi, ne sont pas de nature forcément transgressives, comme nous l’avons dit, il y a autant de type de personnalité chez les homos que chez les hétéros, certains aiment choquer, transgresser ; de nombreuses autres,  non.

La Lune Noire dans ce contexte est souvent associée à la transgression comme Uranus. L’image de Lilith, femme insoumise au patriarcat est effectivement intéressante, mais elle ne saurait qualifier l’ensemble des personnes LGBT comme Uranus. Notons que Lilith a aussi un côté dérangeant quand on l’associé à l’homosexualité puisqu’elle aussi en rapport avec l’infanticide, la mort subite du nourrisson. Comme Ouranos, le dieu castré, on condamne les personnes homosexuelles à l’absence d’enfant. Voilà encore un très beau cliché ! La Lune noire représente encore une fois la marginalité, la déviance…associer ce point fictif à l’homosexualité, même dans ses bons aspects est abusif.

Pluton est du même rapport qu’Uranus et la Lune Noire avec lesquels il partage beaucoup de symbolisme.

La pire des assignations est sans doute celle de Neptune, car ceux qui associent cette planète avec l’homosexualité le fond en vertu de la confusion que génère cet astre. Les homosexuels ou bisexuels nageraient donc en pleine confusion neptunienne, c’est pourquoi ils se tromperaient de genre. Quelle insulte envers ces histoires d’amour ou même ces moments de plaisir ! L’homosexualité ne confond pas les genres, elle ne se trompe pas ! C’est juste que l’on est attiré par les personnes de même sexe que le sien, c’est tout. Il s’agit là d’un terrible jugement de valeur. Même dit de façon bienveillante, cette assignation est d’une terrible homophobie.

Encore une fois, toutes ces assignations montrent une terrible ignorance. Invoquer la transgression quand on parle d’homosexualité signifierait presque que cette dernière est choisie. C’est pourtant l’une des premières choses que l’on ressent quand on est homo ou bi : on ne choisit pas, c’est une attirance tout simplement, comme l’hétérosexualité (qui choisirait d’ailleurs l’homosexualité dans un contexte homophobe ?). L’homosexualité n’a pas à être transgressive, marginale et n’est certainement pas déviante. En parlant de confusion, cela veut dire qu’on se trompe, donc nous revenons à ce présupposer que l’homosexualité n’est pas souhaitable, elle serait une erreur par rapport à la seule hétérosexualité acceptable. En analysant ces propositions, on remarque qu’il est utile de s’informer avant tout, on se rend vite compte que de telles paroles peuvent blesser et même faire beaucoup de mal face à des gens en demande d’acceptation de soi.

Si un astre pourrait avoir un rapport avec l’homosexualité, c’est Eris. Non pas en tant que générateur d’homosexualité mais en tant que représentante du vivre-ensemble et des faits sociétaux. Cet astre nous montre comment nous accepter les uns les autres malgré ou même plutôt grâce à nos différences. Surveillons de prés cet astre quand il s’agit des évolutions sociétales et comprenons son message d’inclusion !

Par Laurent Gizzi.

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